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12.01.2014

La colline de l'oubli

Synopsis

John ne connaît rien d’autre que la ferme de ses parents, où il a toujours vécu. Elevé au sein d’une communauté rigoriste, il sait cependant qu’existe davantage que le christianisme étroit et conquérant de son oncle, depuis qu’il a découvert, adolescent, la présence d’Indiens Sioux sur ses terres. L’un d’eux, encore enfant, l’a particulièrement marqué, et il n’a jamais oublié son nom : Mahpee… Des années plus tard, sa sœur est secourue par une Indienne qui se présente à lui sous le nom de Chumani. Sa ressemblance avec le petit garçon d’autrefois est troublante. Plus troublante encore est la haine que semblent lui porter l’oncle de John, ainsi qu’une partie de la communauté blanche. Partagé entre sa famille, son éducation et son sens moral, John finit par s’attacher à Chumani malgré les avertissements. Mais est-il prêt à entendre la vérité, toute la vérité ?

Avis

Il est difficile de parler de cette oeuvre, et notamment de son thème principal, sans spoiler le suspens élaboré, durant la construction du récit, autour du mystère entourant le personnage du Chumani, dont la vraie nature n'est pas révélée immédiatement mais sera, justement, à découvrir et assumer par John, ce qui est le point central de l'histoire. Je ne vous en dirai donc pas davantage, mais sachez juste qu'il s'agit d'un texte rare et original, qui vaut la peine d'être découvert pour son thème délicat mais abordé avec brio.

Je commencerai par dire que j'ai beaucoup apprécié le cadre historique de ce roman. Je ne lis pas souvent de western, donc c'est toujours dépaysant pour moi de lire une histoire avec des cow-boys et des Indiens. Historiquement, c'est très bien restitué, avec toutes les contraintes imposées par l'éducation, l'importance de la religion et du bien paraître, et dans l'ensemble un univers plus "rude" et violent que ce à quoi on est habitué. 

Dans cette atmosphère, l'histoire d'amour de John et Chumani apparaît comme à la fois une impossibilité et une contradiction, et c'est en bonne partie pour cela que j'ai tellement aimé La colline de l'oubli. L'histoire de ces deux-là, que tout sépare, montre que l'amour est un sentiment puissant, un sentiment plus fort que la société, l'éducation et les croyances. Le thème demandait un traitement délicat, et l'auteur s'en est très bien sortie, en livrant un récit sobre, qui s'abstient de juger ou de défendre à l'excès, et fait de la nature de Chumani avant tout un mystère et un chemin vers l'acceptation. 

L'écriture sobre et efficace accompagne très bien l'intrigue, même si je l'ai trouvé un peu trop descriptive par moments, et amenant du coup quelques impressions de longueurs. Mais ce n'est qu'illusion, car en réalité il n'y a rien d'inutile dans ce roman où chaque mot a son importance. 

La novella d'Eve Terrellon fait partie de ces oeuvres marquantes, difficiles à oublier une fois lues. À lire ! 

Note finale :
8/10