Dans la même série

T2
Articles liés

24.03.2012

Les mystères de Pompéi

Synopsis

En l'an 31, l'empereur Tibère, désabusé et las des intrigues de Rome, se retire à Capri. Une fin de règne délétère commence, sur laquelle plane l'ombre du terrible Séjan, préfet du prétoire, à qui l'empereur a confié le pouvoir, et dont l'ambition est sans limites... Personne n'ose s'opposer à ses hommes de main. Personne ? C'est oublier Kaeso, jeune centurion du corps des prétoriens impériaux, une tête brûlée, qui a le courage de s'insurger. Expédié à Pompéi comme chef de la police, il y découvre un climat de tourmente et plonge dans l'oeil du cyclone. Devant l'urgence, Kaeso se lance à corps perdu dans une enquête serrée et tente de déjouer un complot qui pourrait bien viser l'héritier du trône, un certain Caligula. Le jeune homme a heureusement de précieux alliés : Io, son fidèle léopard ; les gardes germaniques - ses frères d'armes ; Hildr, sa mère, guérisseuse le jour et magicienne la nuit ; et enfin sa propre cousine, la ravissante Concordia, très bien informée des secrets de la Cour... Le prétorien en aura bien besoin. 

Avis

C'est le premier tome des aventures de Kaeso le prétorien. J'avais malencontreusement commencé par le tome 2, la différenciation n'étant guère indiquée sur les ouvrages, mais cela n'avait pas été dérangeant car ce sont des histoires assez individuelles, que l'on n'est pas forcément obligé de lire à la suite.
J'ai été attirée par cette lecture de par le nom de Cristina Rodriguez et ses nombreux pseudonymes, parce que l'on retrouve assez régulièrement du gay dans ses œuvres. J'ai donc été assez déçue que cela ne soit pas du tout le cas dans celle-ci, néanmoins cela ne m'a pas empêchée de profiter de ma lecture car je savais que cet aspect ne serait pas forcément présent.
Première chose, j'ai été ravie de replonger dans l'antiquité romaine, société ressuscitée avec un ton jovial et assez familier. Point ici de drame ou de littérature sérieuse : la narration et les dialogues restent en permanence proches de l'humour, et l'on s'amuse beaucoup au fil des pages. Les personnages sont intéressants, en particulier Io, la femelle léopard, que l'on se régale à imaginer trotter aux côtés de son maître tel un gros chien qui n'en aurait pas la forme...
L'intrigue correspond à du polar, donc des meurtres, une enquête et la résolution de mystères. Personnellement je ne suis pas une grande amatrice de polars, c'est donc davantage pour les personnages et la société que j'ai aimé cette lecture, plus que l'histoire qui comme tous les polars, se concentre  trop à mon goût sur les morts, les descriptions de cadavre et les causes de ceci ou cela. Bref des aspects déplaisant pour moi, mais inhérents au genre et qu'il serait malvenu de reprocher à ce livre que j'ai après tout moi-même choisi de lire.
Dans l'ensemble, et en dehors de ces spécificités de genre, j'ai été ravie par cette lecture amusante et distrayante qui a su me transporter dans un « autre part » sans rien perdre de sa légèreté. 

Extrait

Sur le bord de la route, les lauriers-roses offraient leurs corolles au soleil du début de l'après-midi. Entre les ronces, les mûres juteuses n'attendaient que ma main pour les cueillir et, au loin, le sommet du Vésuve pointait vers le ciel comme un hommage aux dieux, ses flancs généreux disparaissant sous les ceps noueux et les bos­quets. Le parfum boisé des treilles et des cyprès, auquel se mêlaient les légers effluves iodés de la mer toute proche, m'enveloppa. J'inspirai l'air vivifiant à pleins poumons tout en engloutissant les mûres grappillées sans descendre de ma monture.
La Campanie semblait plus soucieuse de m'apparaître sous son meilleur jour que moi de m'y installer et, pourtant, les dieux savaient qu'en cet instant je lui étais reconnaissant pour ces parfums et cette débauche d'espace.
Comment ne pas l'être après onze mois de geôle à Rome, enfermé dans les sous-sols du Palatin...
«Pompéi ? Nous partons pour Pompéi ?» s'était écrié Acarius, l'esclave personnel de sa mère, lorsque je lui avais annoncé que nous allions nous installer dans la région. «Mais le feu y couve et gronde sous la terre ! Il faut s'appeler Hercule - et être aussi téméraire que lui - pour oser élever des villes sur le toit du domaine de Vulcain !»
J'avais ri, alors, de cette grotesque légende qui plaçait le domaine du dieu ardent dans les parages.
J'ignorais que j'allais déchanter sous peu mais, pour le moment, tout paraissait paisible.
Le long de la voie pavée, fréquentée sans être trop encombrée, les luxueuses villas suburbaines présentaient leurs façades aux stucs multicolores à la caresse du soleil.
- Wotan ?
La voix de Hildr filtra à travers les lourds rideaux bleus du chariot que conduisait Acarius.
Je fis pivoter ma monture et me penchai entre les pans entrebâillés.
- Quelque chose ne va pas, mère ?

Note finale :
7/10