Articles liés

01.10.2011

Chronique du soupir

Synopsis

Lilas, une naine flamboyante, a choisi, depuis la disparition de Frêne, son époux, de prendre sa retraite de Chef de la garde du palais de la Haute Fée pour ouvrir une auberge au bord de la mer, à l'endroit même ou Frêne s'est "ancré" pour l'éternité. Entourée de quelques amis et d'Errence, un elfe qui est aussi son amant, elle mène une existence un peu trop paisible à son goût. Alors qu'elle s'interroge avec angoisse sur son devenir, son fils Saule, pourchassé par un groupe de miliciens au service de la Haute Fée, fait irruption dans l'auberge. Il serre dans ses bras une fillette de 10 ans, Brune, qui est à l'agonie. Après quelques heures d'hésitation, et bien que pressentant l'immense danger qui émane de façon indiscible de la personnalité de Brune, Lilas décide de les protéger envers et contre tous.

Avis

J'ai beaucoup apprécié l'univers proposé par Mathieu Gaborit, qui tout en puisant dans les classiques avec notamment son bestiaire habituel (nains, elfes, humains, fées, sirènes), possède néanmoins sa personnalité propre, suffisamment originale pour réussir à se démarquer (le Souffle, les fées à la place du cœur,...).

J'ai par contre eu beaucoup plus de mal avec son style littéraire. Le roman est écrit au présent et uniquement avec des phrases courtes particulièrement brèves, et quasiment jamais de mot de liaison, ce qui donne une structure hachée, sans aucune fluidité. Ce découpage se retrouve aussi dans les chapitres. Quelque part, cela donne à l'histoire un certain suspens qui n'est pas du tout désagréable : les événements s'enchaînent rapidement et s'imbriquent de façon intrigante.

Malheureusement, la mise en scène, par contre, manque souvent de clarté et l'action se révèle confuse, difficile à suivre. Ce n'est pas la première fois que j'éprouve cette difficulté avec cet auteur... La vision de l'amour présentée dans ce roman est assez naïve mais personnellement cela ne m'a pas vraiment dérangée (ça fait même presque du bien, un peu de douceur dans ce mondes de brutes...) ; j'aurais par contre vraiment apprécié un texte plus long et développé.

Malgré une police de grande taille et deux pages sacrifiées à chaque changement de chapitre, on arrive à peine à 300 pages, ce qui est très court pour un roman de fantasy, surtout qu'il s'agit d'un one-shot. À la base déjà, les one-shots me laissent presque systématiquement sur ma faim en raison du manque d'approfondissement, particulièrement pour les personnages, et là c'est particulièrement criant : j'ai à peine eu le temps de m'attacher à eux.

L'univers présenté possède une certaine originalité et à mon sens, aurait vraiment eu le potentiel de se voir développé davantage, de façon à lui donner plus de dynamisme, de consistance et de complexité. C'est un peu dommage d'en être resté là...

Je ne sais pas trop ce que j'ai pensé de ce roman en fin de compte. Il y a de bonnes idées, mais pas assez approfondies et la forme littéraire ne m'a pas du tout plu. J'ai passé un moment distrayant en le lisant, mais je n'en garderai pas un grand souvenir.

Note finale :
6/10