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22.01.2012

Cheval de guerre

Synopsis

Joey le cheval de ferme, devenu cheval de guerre, en 1914, nous raconte son histoire, avec simplicité. Témoin de la Grande Guerre, il va vivre l'horreur des combats auprès des Britanniques, des Allemands, ou du côté des Français. Pour lui, les soldats, les paysans, les officiers, les vétérinaires ne sont pas des ennemis, mais des hommes, chez qui il rencontre la bonté comme la méchanceté. Joey partage leurs souffrances et leurs peurs, et sait leur redonner de l'espoir.

Avis

Je n'avais pas fait exprès d'emprunter deux livres du même auteur, en tout cas une chose est sûre : si j'en vois d'autres de lui, je n'hésiterai guère avant de me lancer ! En effet, dans un genre différent, Cheval de guerre m'a au moins fait autant d'effet que Le royaume de Kensuke (chroniqué sur la page précédente) !
Cette fois, donc, changement de registre : on ne mise plus sur la beauté mais sur la simplicité. Et la simplicité n'est pas dans le texte, malgré qu'il ne soit effectivement pas très recherché –mais quand même soigné et nettement au-dessus du niveau littéraire moyen des productions pour la jeunesse-, mais bien dans la vision qu'a Joey de la seconde guerre mondiale.
En effet, en tant que cheval, Joey ne voit pas dans la guerre d'intrigues politiques, de victoires ou de défaites, il ne voit ni héros ni martyres. Il ne comprend rien aux raisons qui amènent les combats –ce qui est d'ailleurs également le cas des soldats des tranchées, au bout d'un certain temps. Il ne fait même pas vraiment de distinction entre un camp ou l'autre, puisque dans les deux cas il peut être traité avec gentillesse ou sévérité. Ses yeux, en fait, ne distinguent que des humains tous semblables les uns aux autres, emportés dans la même fatalité fratricide. Justement à cause de son regard détaché et neutre, quelque part cette version de la guerre m'a paru encore plus tragique que les autres ! 
Bien sûr, avec le cheval qui raconte son histoire à la première personne, il est difficile de ne pas penser àBlack Beauty. Il y a quelques éléments qui ressemblent : le dévouement à un unique maître, l'amitié liée avec un autre cheval en particulier, le fait de passer d'un propriétaire à l'autre (cependant, en l'occurrence, il s'agit plus du destin et des aléas de la guerre que d'indifférence de leur part). Mais la thématique est clairement différente, puisque cet ouvrage-ci ne dénonce pas la cruauté des hommes mais souligne au contraire leur bonté et leur ressemblance. Il s'agit non seulement d'un roman sur un cheval, mais aussi et surtout d'un roman à part entière sur la guerre ! 
En tout cas, le mixage est réussi, j'ai dévoré ce livre en un rien de temps !

Note finale :
10/10