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22.01.2012

Martyre, précédé de Ken

Synopsis

Jirô, capitaine de kendô, est l'un des meilleurs sabres du Japon. Et s'il n'était que l'un des plus grands kendôka ! Tout, chez lui, respire la perfection... Le garçon, admiré par son entourage, suscite à la fois respect et dérangement. Mais une telle droiture peut-elle résister au moindre accroc, aussi infime soit-il ? 
Watari est la principale victime d'une école où les élèves sont de véritables petits démons de méchancetés. Lorsque Watari vole de livre de Hatakeyama, une relation particulière s'installe entre les deux garçons... Jusqu'où ira la cruauté de leurs jeux ?

Avis

À travers ces deux nouvelles, Ken et Martyre, Yukio Mishima dresse un portrait de la jeunesse dans ses meilleures qualités et ses pires défauts. Non seulement ses observations sont pertinentes, très souvent justes et malsaines dans leur justesse, mais sa plume s'appuie sur un vocabulaire particulièrement soutenu pour accoucher d'un texte fascinant. On peut d'ailleurs féliciter les traducteurs d'être parvenus à le retranscrire si bien dans la langue française, de façon à nous livrer une œuvre de haut niveau. 
La première nouvelle s'attarde sur Jirô, garçon aux ambitions élevées, mais elle présente également Mibu, fasciné par son mentor et rêvant d'atteindre son niveau, et Kagawa, envieux de sa popularité et désireux de le défier. Or, aussi contradictoires soient-ils, ces deux sentiments se ressemblent par leur intensité, et joueront au final un rôle semblable dans le drame qui se prépare. 
Le second récit, moins long, moins original et moins beau, mais d'une grande dureté, pointe du doigt la cruauté des écoliers envers leur bouc émissaire, et présente des événements une vision décalée, étrange, conduisant à une chute déconcertante. 
Pour courts qu'ils soient, ces textes sont intenses et méritent le détour pour qui aime tout simplement la beauté de la langue écrite, la lecture d'œuvres fortes, pudiques et pourtant violentes à leur façon.

Note finale :
8/10