Articles liés

15.09.2007

Antigone 256

Synopsis

Deux frères s'entretuent et gisent devant les remparts de la ville. Créon, le tyran, décide que l'un d'eux sera inhumé avec les honneurs, et l'autre abandonné aux charognards. Cependant, Antigone, leur sœur commune, refuse cette injustice et enterre son frère en bravant l'interdiction... Créon, furieux, la condamne sans pitié !

Avis

Vingt-cinq siècles après sa création, Antigone demeure une héroïne toujours aussi vivante, aussi prisée. Jacques Cassabois a ainsi tenté le pari d'adapter la célèbre tragédie grecque en roman. Sans doute son style poétique le prédestinait-il à s'instituer en tant qu'héritier direct d'une lignée de grands auteurs. 
On commencera par relever qu'il saute rapidement aux yeux que l'œuvre d'origine était une pièce de théâtre. La règle des trois unités est en effet rigoureusement respectée, quitte à donner au roman un côté précipité et un manichéisme assez caractéristiques. Qui plus est, les dialogues sont nombreux à l'excès, même quand les personnages sont seuls ils tendent à monologuer ; et on ne s'en plaindra pas car bien qu'il nous offre quelques passages narratifs magnifiques, c'est essentiellement dans ces dialogues que la verve poétique de Jacques Cassabois éclate pleinement. 
A celui qui connaît déjà Antigone, cette version paraîtra revue car elle n'apporte en effet guère d'innovations. Même les textes insérés entre les actes d'origine sont demeurés sous la forme de poèmes. Ceci dit, on peut facilement comprendre que l'auteur se sera interdit d'extrapoler exagérément autour d'une œuvre ayant déjà connu tant d'adaptations de qualité dont plusieurs sont considérées comme des classiques de la littérature française. Le moindre changement aurait probablement peut-être pu être interprété par certains comme une trahison. 
Pourtant, l'idée reste bonne et le texte l'est également. Antigone 256 peut donc se révéler un tremplin intéressant pour ceux que la curiosité pique, mais que le théâtre rebute. 
Je terminerai en adressant mes plus vifs remerciements à Jacques Cassabois pour les raisons qu'il sait. C'est grâce à lui si ce blog existe car sa version de Tristan et Iseut (1) m'avait laissé une forte impression.

Note finale :
7/10