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22.01.2012

Le sang d'Aragon

Synopsis

Pour sa ressemblance frappante avec le prince Alphonse d'Aragon, le jeune Ascanio se retrouve pris dans une embuscade qui le visait. Comme il s'en sort admirablement, ce dernier ce décide à le prendre à son service, en tant que garde du corps. 
C'est ainsi qu'Ascanio fait son entrée dans la cour des nobles et fait connaissance avec Lucrèce Borgia, l'épouse d'Alphonse, Sancie d'Aragon, sa sœur, et Jofré Borgia, le frère de Lucrèce et l'époux de Sancie. Dès lors, il se jure de tout faire pour protéger son prince, quitte à défier les redoutables Orsini, ou pire, le redoutable maître de Rome : César Borgia...

Avis

Pour commencer, on relèvera le résumé de l'éditeur, qui ne correspond pas du tout à l'histoire, et en plus il est d'un niveau littéraire largement plus élevé que le roman lui-même. 
Le texte, bien qu'il soit dépourvu des erreurs de débutants style répétitions ou absence de description, et démontre de ce fait une certaine expérience de la part de l'auteur, est entièrement écrit au présent avec des phrases simples d'un niveau de primaire ; ça a l'avantage de rendre l'action très vivante et particulièrement facile à recréer en esprit, mais c'est lassant pour le vrai lecteur, celui qui est âgé d'un peu plus de huit ans. Sinon, c'est personnel mais je déteste aussi l'usage de mots de langue étrangère (en l'occurence l'italien) alors que ce n'est pas nécessaire (des mots comme "marchand d'eau" ou "impertinent"), ça donne une ambiance italienne mais c'est pénible de devoir chercher la traduction à la fin alors que ça sert vraiment à rien. 
L'action se déroule de façon descriptive et dans l'ordre chronologique, on ne connaîtra jamais le passé de nos protagonistes par exemple, ce qui leur donne autant de psychologie qu'une feuille de papier. Il y a même des événements auquel on ne croit pas une seconde tellement l'impact psychique est inexistant, tout comme les histoires d'amour qui n'ont pas du tout l'air réaliste. Il y a aussi énormément de scènes qui ne servent à rien sinon à rallonger le texte, ainsi que des ficelles plus grosses que des poutres. 
On passera sur le manichéisme insupportable qui range Ascanio dans le camp du super justicier tout puissant, habile à l'épée et doté d'un fort esprit de loyauté, et César Borgia dans le camp du super grand méchant arrogant et sans pitié, doté de son sous-fifre qui évidemment ne peut être que nul et préfère déléguer le travail aux autres, pour finalement être vaincu lui-même. Surtout que l'attitude d'Ascanio lorsqu'il use de torture ou de vengeance meurtrière ne vaut pas beaucoup mieux, cependant c'est présenté dans le texte comme si c'était le bien suprême ! Il en va de même pour Sancie, dont l'infidélité est évoquée mais dans les faits on n'en verra jamais rien. 
Même la fin sonne comme une trahison, car un happy end aurait certainement mieux convenu à un roman d'une pareille naïveté. Bref, à réserver aux plus jeunes, dix ans ou moins.
Si vous avez de l'intérêt pour l'histoire des Borgia, ce roman ne vous en apportera pas davantage car vous n'apprendrez strictement rien de plus que ce que vous pouvez lire dans n'importe quel document historique trouvable par une recherche google. Pourtant l'histoire tourmentée et intensément riche de cette famille dominante dans l'Italie du XVIème peut être sujet à bien des intrigues d'une grande réussite sur le plan politique et émotionnel...

Note finale :
4/10