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07.02.2007

Le rivage des adieux

Synopsis

"Une belle histoire d'amour et de mort..." Ainsi les bardes celtiques résumaient-ils la plus tendre et cruelle légende qu'ils aient jamais racontée : celle de Tristan et Iseult. La liaison adultérine d'une très jeune reine, l'indestructible fidélité de son amant, les atermoiements d'un roi harcelé par les intrigues de ses barons : l'auteur du Grand Vizir de la nuit, prix Femina 1981 et d'Un amour fou, prix des Maisons de la Presse 1991, s'est laissée emporter par cette histoire éblouissante et tragique, d'une audace insoupçonnée, dans un récit à la fois scrupuleusement fidèle au mythe et adapté à la sensibilité d'aujourd'hui.

Avis

Le rivage des adieux est en fait une autre adaptation de la légende de Tristan et Iseult (j'ai déjà chroniqué un roman sur ce thème, le n°1), cette histoire d'amour étourdissante issue du cœur des légendes arthuriennes.
Ayant lu l'histoire assez récemment, je me souvenais de tous les détails et ai pu trouver certains passages longs, ou plutôt, c'est parce qu'il y a vraiment beaucoup de détails chargés de symboles historiques pour une histoire d'amour. Cela ne fait qu'ajouter à la richesse de Tristan et Iseult
Le style n'est cette fois pas poétique, mais normal : c'est une narration au passé, agréable et bien écrite. Il est cependant amusant de remarquer que les deux romans entament le récit dans la souffrance et le délire. Au niveau des faits, ils sont strictement identiques, mais les relations de cause à effet peuvent énormément différer, tout comme les caractères des personnages : dans cette version, Marc apparaîtra plus crédule, Iseult plus capricieuse. 
L'auteur semble avoir fait un important travail de recherches sur le VIIème siècle, dont on retrouvera les traces partout ; le lien avec les cycles arthurien en devient encore plus évident. On entend parler des fêtes de Beltane et de Samain, ainsi que de la confrontation entre le christianisme croissant et les anciens dieux celtes qui sont toujours vénérés, notamment en Irlande dont est originaire Iseult, ce qui explique sa science des plantes. 
L'auteur a également fait le choix d'ancrer son histoire dans la réalité ; ainsi, la bête qui terrorise l'Irlande lorsque Tristan vient chercher Iseult en faveur de Marc n'est plus un dragon, mais un loup qui prendra une apparence monstrueuse dans les divagations de Tristan blessé. De même, Iseult ne meurt pas de douleur à la fin du roman, mais s'empoisonne avec ses propres plantes.

Note finale :
7/10